
Note : ce billet peut contenir des spoilers.
En 2022, le Festival de Cannes récompense Sans filtre de Ruben Ostlünd, un film suédois au casting pourtant fort américain, dans lequel deux influenceurs très clichés se retrouvent piégés sur une île après un naufrage. On passe des frasques d’influenceurs beaux, glamours et égocentriques tels qu’on se les imagine à un naufrage spectaculairement dégueulasse qui permet d’humilier les deux jeunes gens et la bourgeoisie en général. Sur le sable, dans la jungle, on découvre alors que les rôles sont inversés : les dominants habituels ne savent pas faire grand-chose de leurs dix doigts tandis que la femme de ménage tient tout le monde par la barbichette en ayant le sens de la débrouillardise, de la chasse et de la survie. Finalement, elle prend goût à cette posture abusive et cache aux autres qu’il existe en réalité une échappatoire à cet enfer. Elle préfère la survie et le capitanat dans un monde de sélection naturelle plutôt que les règles du système capitaliste où elle se fera écraser en permanence.
Le public aime soit la promesse biblique « les derniers seront les premiers », soit l’idée que n’importe quel individu avec une once de pouvoir se comportera comme une merde.





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