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Ce que j’ai lu pendant la nuit de la lecture 2026

18h10. Ça y est, la nuit est tombée sur la ville toute pimpante de ses lumières artificielles. Le monde s’active encore, les passants s’affairent dans la rue, les voitures roulent, les bus ronchonnent, la pluie crachote, mais moi, j’ai fait un cessez-le-feu toute seule. Il est 18h20 quand les plaids sont sortis, les petites lampes et les petites bougies allumées, et que je me love contre des coussins, dans la pénombre, avec ma liseuse. Je ne le sais pas encore à ce moment-là, mais je vais lire jusqu’à 3 heures du matin, et terminer la douce épopée par un fou…

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Séjour enneigé à l’asile de Gaustad avec le cri de Nicolas Beuglet

J’avais vu ce livre il y a longtemps dans les mains de ma mère et j’avais ricané, parce que le titre Le cri était ironiquement raccord avec le nom de l’auteur « Beuglet ». J’ai une espèce de passion absurde pour les aptonymes et je peux rire pendant trois jours si je découvre sur mon chemin une plaque dorée avec écrit « M. LATTAQUE – Cardiologue ». Je suis allée spécifiquement dans le rayon des polars en octobre, parce que je voulais en découvrir un, j’avais en tête l’idée d’entrer dans la période d’Halloween avec des bonbons acides et des polars. Alors quand j’ai…

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Toutes les nuances de la nuit de Christ Whitaker et toutes les nuances d’un coup de cœur

Durant l’été 2025, j’ai décidé de participer — sans m’annoncer, petite nunuche — aux Épais de l’été et j’ai jeté mon dévolu sur Le seigneur des anneaux de Tolkien, qui fut un coup de cœur. Pendant cette période, je lisais aussi silencieusement les chroniques des uns et des autres sur leurs propres pavés de l’été et un article en particulier a retenu mon attention : celui de Dasola sur Toutes les nuances de la nuit de Christ Whitaker. Je l’ai attendu longtemps. J’ai patienté, espérant le voir en médiathèque. J’ai fouiné dans des librairies au hasard. Et j’ai fini par le…

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L’histoire de la femme cannibale de Maryse Condé ou l’histoire d’une femme qui ouvre les yeux

Je vais ouvrir ici mon année 2026 avec Maryse Condé : c’est une décision qui me paraît propre et optimiste comme un mélange de clémentine et de chocolats. Comme d’habitude, le roman m’a sauté dans les mains. J’errais à la médiathèque avec toute l’innocence du monde quand je suis passée tout-à-fait par hasard dans le rayon de Maryse Condé. La couverture toute colorée et le titre bien sombre m’ont capturée, je n’ai pas résisté, je n’ai rien pu faire, et en octobre 2025, j’ai dévoré la femme cannibale.

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Bonne année 2026

L’année 2025 s’achève pour moi dans des volutes de thé noir aux épices et des restes de Ferrero Rocher délicieusement écœurants ; c’est la patte toute tremblante que j’entreprends d’écrire un nouvel article, après avoir fui mes responsabilités pendant deux mois, parce que partager L’hospitalité au démon m’avait fortement troublée. Sensibleries.

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Osons lire L’hospitalité au démon de Constantin Alexandrakis

Le 23 mars 2025, j’ai lu un article de Ingannmic sur L’hospitalité au démon de Constantin Alexandrakis et je l’ai aussitôt ajouté à ma liste de souhaits. Le 12 octobre 2025, j’avais la bombe entre les mains. Le 18 octobre 2025, elle m’avait explosé à la figure. Et quand j’ai refermé la dernière page, j’ai pensé : « Tu ne vas jamais pouvoir en parler ».

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Une rencontre hésitante avec Madame Saint-Clair, reine de Harlem, par Raphaël Confiant

J’étais encore en train de fourrer mon museau dans le rayon de Maryse Condé à la médiathèque, quand des livres de Raphaël Confiant, disposés juste à côté, m’ont attiré l’œil. Il y avait Rue des Syriens que m’avait offert feu ma grand-mère et que j’avais lu, puis profondément aimé. J’avais une affection particulière pour ce roman et, même si j’avais toute une liste des autres Confiant que je voulais lire, je ne m’étais jamais exécutée. Alors, j’ai pioché un roman au hasard et je suis rentrée chez moi avec Tituba et Stéphanie Saint-Clair.

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Un franc récit de sorcière avec Moi, Tituba sorcière de Maryse Condé

Franchement, j’étais un peu honteuse d’admirer l’artiste sans admirer l’œuvre. Je me suis délectée des autobiographies de Maryse Condé, j’ai été inspirée par celles-ci, et par Maryse elle-même à vrai dire, mais je n’avais pas lu de romans de sa part. Les vrais pleins de fictions, ceux accouchés par l’imagination. Je me souvenais bien, pourtant, de ce roman qui était à mettre dans toutes les mains durant la tendance sur les sorcières, avec cette couverture magnétique chez Folio, sur laquelle une femme noire vêtue de blanc, sein nu, regarde vers la gauche. Alors, je me suis dit « lisons le livre…

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L’enfance aux multiples facettes par Jean-Baptiste Greuze au Petit Palais

Je n’aime pas les enfants. Je n’aime pas les enfants, de la même manière qu’il n’y a aucun groupe social que j’apprécie particulièrement. Je trouve toujours cela très étrange d’aimer « les enfants » ou « les animaux », comme si chaque individu parmi ces groupes avait un point commun avec les autres le rendant irrésistible : il y a des enfants sympa comme il y a des collègues sympa et d’autres qui sont insupportables comme peuvent l’être également certains collègues. Pour moi, « les enfants », c’est un ensemble d’individus vulnérables envers lesquels nous avons fatalement des devoirs. Pas de quoi s’émerveiller.

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Maryse Condé l’autobiographe

C’est à ce moment-là que je suis tombée sur un extrait de La vie sans fards, dans lequel la narratrice raconte comment elle abandonne son fils Denis. Ainsi ai-je commencé à lire Maryse Condé : quel genre de femme peut bien avouer un abandon d’enfant et le publier ? Le genre de femme que j’ai envie de lire.





