
Note : ce billet peut contenir des spoilers.
En 2023, le Festival de Cannes récompense Anatomie d’une chute de Justine Triet, un film français dans lequel un couple se déchire dans un chalet : on entend des engueulades explosives sur fond de 50 cents revisité, jusqu’à ce qu’on retrouve le corps du mari mal dans sa peau au pied du logis. On sait d’où il est tombé, mais on ne sait pas s’il a été poussé, s’il a chuté, s’il s’est jeté lui-même dans un élan de désespoir. On ne saura rien. Le film repose sur des analepses aux dialogues intenses et sur des instants pleins de tensions au tribunal, avec un avocat doux comme un agneau qui défend une épouse suspecte, et un avocat insupportable qu’on adore détester. Il y a aussi cet enfant aveugle, d’une grande maturité, au jeu pertinent. Et un chien qui sait mourir bravement, regard vitreux, langue pendante. Mais il n’y a pas de réponses, rien ne permet réellement de trancher sur la culpabilité de cette femme. Ce n’est pas un polar, c’est un film qui parle du couple, du sacrifice et de la liberté, et qui ne donne aucune clé.
Le public aime soit se démerder, soit qu’on le laisse penser ce qu’il veut sans être contrarié.





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