
Je n’avais vu qu’une affiche sombre et bleutée et ce titre aussi inquiétant qu’immature « The Ugly » : cela suffisait pour que je le mette sur ma liste. Je n’avais même pas remarqué qu’il s’agissait d’un film réalisé par celui qui avait fait Dernier train pour Busan que j’avais aimé. Je n’avais pas vu non plus qu’il y avait des acteurs que je connaissais. J’étais obsédée par le titre et l’ambiance bleutée, glauque. Je pense avoir été comblée.
Lors d’un reportage sur un vieil aveugle qui excelle dans l’art de graver des sceaux de toute beauté, un appel de la police vient interrompre le tournage : on a retrouvé les ossements d’une femme et il s’agit de ceux de l’épouse disparue de l’artisan. Le fils de ce dernier, qui n’a donc jamais connu sa mère, la découvre pour la première fois dans une morgue. Cette rencontre funèbre ouvre une quête et une enquête personnelle sur une femme mystérieuse que l’on ne saurait qualifier et que l’on ne pourra connaître que par témoignages.
Le film semble cousu de fil blanc et j’ai intérieurement ronchonné, dès le début, en me disant qu’on n’allait pas se torturer les méninges avec cette affaire. J’ai pourtant été surprise et surtout, plus on avançait, plus j’étais prise par le suspense. Il y avait quelque chose d’haletant, dans le rythme, les images, les sous-entendus, qui m’absorbaient complètement dans l’œuvre et j’avais parfois le sentiment que je voulais davantage de réponses que les personnages eux-mêmes. J’étais parfois complètement sur les nerfs.
Le thriller de Sang Ho-Yeon compose une peinture sociale cruelle dans laquelle l’être humain est sans cesse dans une zone grise, jusqu’à nous mener à un final révoltant.
Je suis sortie de la salle outrée, écœurée : quel plaisir !





Leave a Reply