
C’est une courte et absurde bande-annonce, avec un Guillaume Gallienne imbuvable, qui m’a menée au cinéma. Dès l’intrigue savoureuse du badge oublié, je me suis dit avec légèreté que j’irais voir cette comédie alors même que ce n’est pas mon genre de prédilection. Puis lorsque j’ai vu qu’on irait dans les coulisses d’une représentation théâtrale, je suis devenue impatiente à cette idée car quand j’étais petite, j’ai fait beaucoup de théâtre ; et quand adulte, j’ai fréquenté des gens qui étaient de ce milieu, j’ai eu le sentiment qu’en coulisses, que les acteurs aient 7 ou 77 ans, c’est la même effervescence, la même folie et la même immaturité.
Et ce film ne m’a pas fait changer d’avis ! Cela ne m’a pas déplu et cela m’a beaucoup fait rire. Je n’étais pas seule d’ailleurs : la salle était pleine de gens mais aussi d’éclats de rire. Il y a certaines répliques que je n’ai pas entendues car d’autres spectateurs n’avaient pas fini de rire et parfois c’était moi qui riais trop pour suivre. De la comédie française est devenu un souvenir à part entière, celui d’une séance de cinéma chaleureuse et loufoque, comme je n’en ai que très peu vécues.
Cette plongée dans les coulisses d’une représentation théâtrale qui semble ne jamais pouvoir atteindre son but est désopilante, mais aussi maline, fine, presque rusée. La variété des humours déployée est terriblement efficace : comique de répétition, de geste, de mots, de situation, comique inoffensif de l’absurde et comique de caractères viennent ensemble titiller la sensibilité de chacun sans alourdir le tout. Une fine partition de l’humour, jouée avec tendresse.
Finalement, je me suis dit que les personnages tentaient vainement de représenter une pièce de Shakespeare en marchant dans les bottes, certes usées, mais hilarantes de Molière…
Qu’on saluera bien bas.





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