
J’ai lu ce livre à cause de ce petit jeu mignon, Tiny Bookshop, que j’ai découvert chez Alexandra il y a peu. J’étais dans ma petite librairie ambulante et j’essayais de refourguer des romans de voyage — sur le front de mer pendant le marché aux poissons — lorsque j’ai recommandé à un client Le monde selon Guirec et Monique. En voyant de quoi parlait ce livre, m’est soudain revenue cette histoire que j’avais entendue il y a quelques années dans le podcast Les pieds sur Terre de Sonia Kronlund : un jeune breton était allé au bout du monde avec sa poule Monique. Je me souviens avoir pensé, en écoutant son récit, que je lirais volontiers son roman s’il en publiait un. En plein book trip en mer, ce titre est apparu comme une aubaine.
J’ai donc lu, bien que je connusse déjà l’histoire, ce récit de voyage palpitant d’un jeune homme qui rêve de vivre l’hiver au Groënland, dans un bateau qui aurait été enclavé par la glace. Véritable aventurier des temps modernes, Guirec prend des décisions totalement inimaginables, achète un voilier dont l’état est plus que discutable, se lance malgré les avertissements, les incidents, les tracas et les tempêtes.
Au début, j’étais un peu désarçonnée par cette écriture que je trouvais trop simple mais qui a le mérite d’être authentique et d’occuper sa fonction de « carnet de voyage ». Il me manquait aussi des descriptions de paysages pour vraiment entrer dans le livre. Le tout me paraissait un peu brut, un peu froid. Il faut dire que j’avais passé deux semaines en compagnie de vikings domptés par la plume de Frans Gunnar Bengtsson…
Toutefois, je me suis rapidement attachée à Guirec et à sa poule Monique, qui forment un duo intrépide et adorable ; duo résolument drôle car l’espiègle Monique, tout aussi aventurière et véritable commère, n’est pas facile à dresser ! C’est principalement ce qui m’a fait poursuivre ma lecture. Et je n’ai pas regretté car, au fil des pages, j’ai découvert que ce roman est véritablement trépidant : Guirec n’est pas épargné par les affres des vagues, des houles, des morceaux de banquise et même si l’on sait déjà qu’il est revenu vivant de son périple, il y a de sacrés moments de suspense. D’ailleurs, toute la partie sur le Groënland m’a régalée en descriptions et je l’ai trouvée plus sensible, mieux rédigée, peut-être car c’était le rêve de Guirec qui se réalisait.
Lors d’un épisode en mer particulièrement difficile, le jeune aventurier écrit : « Face à la nature, l’homme ne gagne jamais. C’est toujours elle qui a le dernier mot. ». Me voilà bien heureuse que la Nature lui ait donné son billet de retour, pour nous conter sa jolie histoire et lui permettre d’en vivre d’autres…
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