L’avis qui ne comptait pas.

Courte parenthèse au pays des virus avec Ce n’était que la peste de Ludmila Oulitskaïa

A l’origine, je cherchais du Gogol, pas du Oulitskaïa. A cause d’un post Instagram convaincant de la.vagabonde.des.etoilesoui, j’ai essayé d’être moderne, un jour —, j’avais été prise d’une curiosité, que dis-je, d’une fièvre : je voulais absolument lire Les âmes mortes de Gogol, dont je ne connaissais que les nouvelles. Je suis donc allée à la médiathèque, me suis faufilée dans le rayon consacré à la littérature russe, et c’est là que j’ai vu le livre tant convoité mais aussi, à quelques pas de lui, ce titre accrocheur : Ce n’était que la peste. Le titre, drôle en lui-même, m’a aguichée ; et puis j’ai vu le nom de l’autrice, Ludmila Oulitskaïa, que je connaissais pour Mensonges de femmes. Et hop, réalité, fatalité : tote-bag.

J’avais aimé le ton chez Ludmila Oulitskaïa. Plus que les histoires racontées, c’est ce ton, sincère, ironique, un peu piquant qui m’avait tant plu. J’étais donc assez pressée de lire ce récit loufoque où, en 1939, la peste bubonique se déclare chez un scientifique moscovite qui comprend qu’il a contaminé tous ceux qui l’ont fréquenté et qui lance tout un processus pour endiguer l’épidémie à venir. Chouette programme, surtout quand on sait que ce récit a été écrit trente ans avant le fameux virus dont je ne prononcerai pas le nom.

Le problème — car il y a eu un problème — c’est que le récit est froid : et pour cause, c’est un scenario. Cela ressemble davantage à une pièce de théâtre, avec des descriptions nettes sur le décor, un petit résumé des personnages au début et des répliques plus que des dialogues. Le style est par conséquent plutôt dépouillé et si quelques phrases m’ont fait sourire par leur piquant, je n’ai pas retrouvé ce ton qui m’avait tant séduite chez Ludmila Oulitskaïa.

L’intrigue est rigolote et pas dénuée de réflexion : le régime stalinien, terrifiant, contrôlant sa population, semble plutôt efficace pour éviter qu’une maladie mortelle ne se propage partout… C’est facile de protéger son prochain quand on a tous les droits sur lui ! Mais c’est court, c’est 140 pages, il n’y a ni chichis ni croisements, c’est une histoire sans nœuds, c’est une boisson rafraîchissante, c’est un loisir bref, mais ce n’est pas un remue-tripes.

Plaisant, mais sans plus.

Commentaires

12 réponses à “Courte parenthèse au pays des virus avec Ce n’était que la peste de Ludmila Oulitskaïa”

  1. Avatar de Sandrine

    Ça vaudrait donc la peine de voir la pièce en question…

    1. Avatar de Jenevelle Laclos

      Je le crois, oui !

  2. Avatar de keisha41

    Ah voilà, maintenant, c’est chez toi que j’ai vu ces Ames mortes, oui, faut que je voie ça.
    Je l’avoue : je vais en bibli avec un tote bag, qui se remplit …

    1. Avatar de Jenevelle Laclos

      Le fameux tote bag qu’on emporte car c’est léger et qui finit par peser une brique…

  3. Avatar de Audrey Light And Smell

    Et hop, réalité, fatalité : tote-bag. Puis-je faire de tes mots mon mantra ? 🙂
    Le côté théâtral dans la forme me plaît bien, un peu moins la certaine frugalité dans le fond… Mais comme c’est court et donc vite lu, je note !

    1. Avatar de Jenevelle Laclos

      Haha oui je partage avec plaisir ce mantra 🙈

  4. Avatar de Fanja

    J’ai aussi fait une belle découverte autrice avec Sonietchka (court texte également) et je devais revenir vers elle. Quatorze ans sont passés (j’aurais dit que c’était hier), il serait temps, non ? Bon, peut-être pas avec celui que tu présentes ici, mais j’avais déjà noté Mensonges de femmes. Ah ben oui, tote-bag sur soi obligatoire quand on est lectrice.^^

    1. Avatar de Jenevelle Laclos

      J’aimerais bien lire Sonietchka ensuite, c’est vrai, même si le format court m’effraie un peu…

  5. Avatar de tadloiducine

    140 pages? Voilà un titre qui pourrait tout à fait participer au « challenge des gravillons de l’hiver » chez Sibylline (Ma petite liste)!
    Je note, merci.
    (s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola

    1. Avatar de Jenevelle Laclos

      Je m’y perds avec tous ces challenges, et en plus, je suis très frileuse 😀

  6. Avatar de je lis je blogue
    je lis je blogue

    J’ai découvert Ludmila Oulitskaïa au travers de ce livre. J’avais été surprise aussi par la forme, d’autant que je n’avais pas lu la note de l’autrice à la fin du livre avant de le commencer. Il semble que ce scénario s’inspire de faits réels.

    1. Avatar de Jenevelle Laclos

      C’est ce que j’ai lu mais je n’ai absolument rien trouvé sur Internet qui aille dans ce sens… Pourtant j’aurais aimé en savoir plus !

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