L’avis qui ne comptait pas.

Un café simple à 8 minutes à pieds de la gare Kamakura de Ochi Tsukiko

Je n’avais aucune idée de l’existence de ce roman de Ochi Tsukiko avant de l’avoir entre mes mains, après avoir hâtivement déchiré la boîte en carton qui le contenait. 8 minutes à pieds de la gare Kamakura, c’était un cadeau d’anniversaire qu’un ami cher m’avait fait parvenir par la poste. Quelle agréable surprise ! De la littérature japonaise, un éditeur bien connu, un titre rassurant : voilà un ouvrage bien sélectionné. Je ne sais pas s’il existe des cadeaux plus flatteurs qu’un livre bien choisi.

Je suis entrée sereinement dans ce roman japonais dont la recette paraît tout de même connue : à huit minutes à pieds de la gare Kamakura, se trouve le peu fréquenté café de Kara, une femme de 46 ans très solitaire. Pas de contemplations ni de dissertations prévues sur les arômes du café, je vous rassure : la meilleure amie chaotique de notre protagoniste, Mikiko, s’impose lourdement et vient s’installer dans la maison de Kara, qui n’est pas franchement exaltée de voir sa solitude s’envoler. Petit à petit, la maison-café s’agrandit et devient un refuge pour femmes seules.

J’ai apprécié la peinture de ces différents caractères de femmes, que l’on ne voit pas comme des victimes, mais plutôt des individus avec des failles, des défauts certains, des bagages parfois un peu plus lourds que d’autres. Certaines font preuve de mesquinerie, d’autres d’impolitesse et parfois c’est une incompréhension générationnelle puisqu’il y a des femmes de tout âge ; il est bien difficile de vivre ensemble, de s’accoutumer aux uns et aux autres. Le roman peut paraître lisse mais ses personnages ne le sont pas. La variété des points de vue était aussi très agréable. Chaque chapitre est consacré à un personnage différent et on accède à sa vision des événements. L’intime se niche dans un point de vue interne bien ficelé et une nouvelle protagoniste prend la main à chaque chapitre.

Cependant, parce que je le regrette mais il y a un « cependant » qui vient ternir tout cela, je ne me suis attachée à aucun personnage et je n’ai pas ressenti la moindre tristesse en quittant le café Ouchi à la fin de l’histoire. J’ai été, hélas, presque indifférente à cette lecture : c’était comme boire un jus d’orange en terrasse, c’était doux et agréable, mais ce n’était pas le grand voyage, pas l’aventure, pas le coup de cœur.

Mais vous savez, c’est moi qui ai changé, et maintenant quand je lis, j’aime bien l’intensité, j’aime bien boire la tasse ; il y a des douceurs que je ne sais plus trop accueillir.

Commentaires

Une réponse à “Un café simple à 8 minutes à pieds de la gare Kamakura de Ochi Tsukiko”

  1. Avatar de keisha41

    Bon éditeur, je confirme, mais peut être qu’on a trop de ce genre de romans tout doux dans des coins tranquilles japonais? Joli cadeau, ceci étant!

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