L’avis qui ne comptait pas.

Séjour enneigé à l’asile de Gaustad avec le cri de Nicolas Beuglet

J’avais vu ce livre il y a longtemps dans les mains de ma mère et j’avais ricané, parce que le titre Le cri était ironiquement raccord avec le nom de l’auteur « Beuglet ». J’ai une espèce de passion absurde pour les aptonymes et je peux rire pendant trois jours si je découvre sur mon chemin une plaque dorée avec écrit « M. LATTAQUE – Cardiologue ». Je suis allée spécifiquement dans le rayon des polars en octobre, parce que je n’en lis jamais et que j’avais en tête d’entrer dans la période d’Halloween avec des bonbons acides et des polars. Alors quand j’ai vu Le cri de Beuglet, j’ai gloussé et je l’ai pris.

Ce qui m’a plu dans l’intrigue préliminaire déjà dévoilée sur la 4e de couverture, c’est l’image du vieil hôpital psychiatrique de Gaustad en Norvège et du mystérieux patient 488 qui se suicide. De la neige, de la folie et de l’effroi, des mensonges, un vrai petit plaisir en perspective ! Vautrée dans le canapé, j’ai entamé les premières pages, avec mon petit thé fumant, mais j’ai vite été refroidie par le style : je peinais à entrer dans l’histoire, car il y avait « un problème avec l’alignement des mots ». Je ne savais pas ce qui clochait pour moi, mais ça clochait, à tel point que j’avais achevé ma session de lecture avec mon thé. Pendant quelques jours, j’ai tenté mollement une page par-ci, par-là et j’ai mis le doigt sur ce qui me dérangeait : j’avais l’impression de lire non pas une histoire, mais un scenario. Un script. C’était nu. J’ai soufflé et ronchonné un peu et puis j’ai remarqué la description de l’auteur au dos du bouquin : « ancien scénariste ». A partir de là, j’ai accepté la proposition et j’ai ouvert mon cœur.

Oui, Le cri de Nicolas Beuglet est vraiment haletant et je comprends tout à fait l’engouement qu’il y a eu autour. Une fois le contrat accepté, j’ai vraiment pris du plaisir à me focaliser sur l’intrigue et à me demander « mais qui ? mais quoi ? mais qu’est-ce ? » et c’était vraiment à contre-cœur que je laissais le roman de côté. Je crois que je me suis brûlé quelques neurones en essayant moi-même de décoder certains messages. Cependant, la fin m’a un peu dérangée : je l’ai trouvée audacieuse, certes, mais un peu romantique. Je ne nie aucunement la documentation qui a abouti à une théorie ma foi fort charmante, mais j’ai été circonspecte, mi-déçue, mi-méfiante.

Voilà le paradoxe avec Le cri : j’aurais voulu une fin différente mais je ne regrette aucune page lue et j’ai passé objectivement un très bon moment. Moi qui ne lis jamais de polars parce que « si-la-fin-est-nulle-alors-tout-est-nul », je me suis peut-être réconciliée avec le genre…

Commentaires

2 réponses à “Séjour enneigé à l’asile de Gaustad avec le cri de Nicolas Beuglet”

  1. Avatar de Light And Smell

    Tu m’as bien fait rire avec la cohérence entre le titre et le nom de l’auteur.
    Je ne sais plus pourquoi mais je n’avais pas accroché. Mais c’est chouette que le roman t’ait réconciliée avec le genre 🙂

  2. Avatar de luocine

    J’ai lu ce livre moi aussi et pourtant je lis si peu de polars. Je me souviens bien de la description de l’hôpital un peu moins de la fin.

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