L’avis qui ne comptait pas.

Des nouvelles particulières dans le recueil Le corps de l’âme de Ludmila Oulitskaïa

A l’origine, j’étais entrée dans la librairie parce que je voulais acheter Une fin heureuse de Maren Uthaug, qui était présenté en vitrine. Le problème, c’est qu’une fois entrée, je furète dans les rayons et je ne le trouve absolument pas. Demander au libraire ? Vous voulez dire : déranger le libraire ? Vous n’y pensez pas ! J’ai donc paniqué, pris le premier bouquin qui me rassurait et je suis allée l’acheter. Ce bouquin, c’était Le corps de l’âme et il m’avait rassurée parce qu’il était écrit par Ludmila Oulitskaïa.

J’eus été moins gourdasse, j’aurais vu qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles. Ma timidité et ma précipitation m’ont donc menée à lire un format que je n’aime pas trop. Les recueils de nouvelle, c’est toujours sympa mais jamais bouleversant. On dirait que ça se feuillette simplement, entre deux. C’est d’ailleurs ainsi que je l’ai lu : sur les trajets pour le travail, pendant qu’à la maison, je lisais un énorme pavé, un vrai roman bien dense — Toutes les nuances de la nuit de Christ Whitaker.

Je suis au regret de dire alors que ces nouvelles étaient sympas. La plume de Ludmila Oulitskaïa se porte bien, elle est toujours capable de varier les tons avec élégance ; d’ailleurs certaines nouvelles sont plutôt sombres, d’autres rigolotes ou encore franchement tristes. Elles partagent globalement un thème commun, celui de la mort ou de la disparition : le voyage des âmes. J’aime toujours le regard que cette écrivaine porte sur l’humanité, c’est vif mais c’est tendre aussi.

Je dois avouer cependant qu’il y a eu une nouvelle au registre plutôt fantastique, avec une dame qui mange des pommes à s’en métamorphoser, qui m’a énormément touchée et qui me hante au quotidien. Je ne sais si c’était une manière poétique d’aborder les troubles du comportement alimentaire ou si c’est une interprétation furieusement biaisée de ma part, mais je pense à cette nouvelle presque tous les jours. C’était d’une grande beauté, d’une grande dignité.

Je ne suis toujours pas amatrice de nouvelles mais celle-ci a une vraie place dans mon cœur. Ludmila Oulitskaïa a réussi quelque chose ; en peu de mots.

Commentaires

5 réponses à “Des nouvelles particulières dans le recueil Le corps de l’âme de Ludmila Oulitskaïa”

  1. Avatar de je lis je blogue
    je lis je blogue

    Quelle aventure cette expédition en librairie ! Mais tu en as rapporté une pépite. J’ai beaucoup aimé Ce n’était que la peste de Ludmila Oulitskaïa même si le style est un peu déroutant (c’est un scénario à l’origine).

    1. Avatar de Jenevelle Laclos

      Oui, j’ai vraiment du mal avec les écrits de style « scenario » mais là cette fois-ci ce n’était pas le cas ! Ouf 🙂

  2. Avatar de keisha41

    Jamais lu cette dame (hé oui)
    En librairie je fouine et tout ça, et si vraiment je veux le livre, alors je demande!
    (en bibli j’ai le chic pour ne pas trouver le bouquin, évidemment après recherche sur le site, dans les rayons, etc.)

    1. Avatar de Jenevelle Laclos

      En bibliothèque, je passe mon temps à leur demander où se trouve le livre parce qu’il n’est pas dans le rayon indiqué. Qu’est-ce que ça me gêêêne (même si ce n’est jamais ma faute) !

  3. Avatar de Ingannmic

    Un libraire est normalement fait pour être dérangé, mais j’en connais (à mon grand dépit -pourquoi ont-ils choisi ce métier, qui devrait être une vocation ??!-) qui ont l’art, rien qu’à leur mine, de dissuader les lecteurs de le faire…
    J’avais lu un autre de ses recueils, que j’avais bien aimé (Un si bel amour) mais je lui ai préféré ses deux courts romans Sonietchka et, surtout, De joyeuses funérailles.

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