
A l’origine, j’étais entrée dans la librairie parce que je voulais acheter Une fin heureuse de Maren Uthaug, qui était présenté en vitrine. Le problème, c’est qu’une fois entrée, je furète dans les rayons et je ne le trouve absolument pas. Demander au libraire ? Vous voulez dire : déranger le libraire ? Vous n’y pensez pas ! J’ai donc paniqué, pris le premier bouquin qui me rassurait et je suis allée l’acheter. Ce bouquin, c’était Le corps de l’âme et il m’avait rassurée parce qu’il était écrit par Ludmila Oulitskaïa.
J’eus été moins gourdasse, j’aurais vu qu’il s’agissait d’un recueil de nouvelles. Ma timidité et ma précipitation m’ont donc menée à lire un format que je n’aime pas trop. Les recueils de nouvelle, c’est toujours sympa mais jamais bouleversant. On dirait que ça se feuillette simplement, entre deux. C’est d’ailleurs ainsi que je l’ai lu : sur les trajets pour le travail, pendant qu’à la maison, je lisais un énorme pavé, un vrai roman bien dense — Toutes les nuances de la nuit de Christ Whitaker.
Je suis au regret de dire alors que ces nouvelles étaient sympas. La plume de Ludmila Oulitskaïa se porte bien, elle est toujours capable de varier les tons avec élégance ; d’ailleurs certaines nouvelles sont plutôt sombres, d’autres rigolotes ou encore franchement tristes. Elles partagent globalement un thème commun, celui de la mort ou de la disparition : le voyage des âmes. J’aime toujours le regard que cette écrivaine porte sur l’humanité, c’est vif mais c’est tendre aussi.
Je dois avouer cependant qu’il y a eu une nouvelle au registre plutôt fantastique, avec une dame qui mange des pommes à s’en métamorphoser, qui m’a énormément touchée et qui me hante au quotidien. Je ne sais si c’était une manière poétique d’aborder les troubles du comportement alimentaire ou si c’est une interprétation furieusement biaisée de ma part, mais je pense à cette nouvelle presque tous les jours. C’était d’une grande beauté, d’une grande dignité.
Je ne suis toujours pas amatrice de nouvelles mais celle-ci a une vraie place dans mon cœur. Ludmila Oulitskaïa a réussi quelque chose ; en peu de mots.





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