
Durant l’été 2025, j’ai décidé de participer — sans m’annoncer, petite nunuche — aux Épais de l’été et j’ai jeté mon dévolu sur Le seigneur des anneaux de Tolkien, qui fut un coup de cœur. Pendant cette période, je lisais aussi silencieusement les chroniques des uns et des autres sur leurs propres pavés de l’été et un article en particulier a retenu mon attention : celui de Dasola sur Toutes les nuances de la nuit de Christ Whitaker. Je l’ai attendu longtemps. J’ai patienté, espérant le voir en médiathèque. J’ai fouiné dans des librairies au hasard. Et j’ai fini par le commander parce que le roman m’obsédait étrangement. C’est ainsi que Dasola fut responsable de mes deux coups de cœur 2025.
Le thème premier de Toutes les nuances de la nuit, c’est celui de la disparition d’enfants. Je l’avais déjà exprimé quand j’ai traité du film Evanouis, mais j’ai une peur obsessionnelle liée à ça ; et c’est sans doute pour cette raison que j’avais le désir viscéral de lire ce roman.
Patch, c’est un gamin borgne, mal élevé — mère à la dérive — qui joue aux pirates — un voleur — et qui a un jour la très grandiose et très mauvaise idée d’aider une fille à se défaire d’un psychopathe qui tente de l’enlever. Suite à ça, le corsaire disparaît et laisse dans un désarroi profond une copine à lui nommée Saint, un peu bizarre elle aussi, attachante, avec sa fascination pour les abeilles et leur miel. Elle va chercher son ami, comme une folle, comme la folle que les gens pensent qu’elle est. Je crois que tout au long de ces 800 pages, j’ai aimé ces enfants comme si c’étaient les miens et comme si c’étaient mes amis. Je ne me suis jamais lassée de leurs illusions et de leurs erreurs. J’ai éprouvé une profonde tendresse pour tous les écorchés, même les plus cons : parce que ce roman développe mille nuances et pas seulement celles de la nuit.
La disparition est un premier thème, parmi tant d’autres — ou alors la disparition se niche dans tout. Toutes les nuances de la nuit de Christ Whitaker invite à s’interroger sur beaucoup de choses, à douter de tout, à craindre le pire. Il y a des rebondissements, une intrigue vivante et prenante, sombre mais pas obstinément sordide, qui m’a empêchée de dormir, certes : mais il y a surtout de la profondeur dans le traitement de l’âme humaine et un respect de l’enfance, finement peinte, fidèle à la réalité, plus Stephen King que Disney Channel.
Grâce à Christ Whitaker, j’ai achevé mon année 2025 en me rappelant pourquoi c’est si bon de lire.





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